Les épisodes de chaleur extrême et de manques d’eau à répétition ne constituent plus des parenthèses exceptionnelles. Les canicules et sécheresses sont désormais installées de manière durable sur l’ensemble du territoire français. L’été 2026 l’a confirmé une fois de plus. Destruction de forêts, de la faune et de la flore, perte de biodiversité, augmentation du nombre de décès notamment des personnes les plus vulnérables, perte de récoltes, gestion de l’eau, destruction de l’habitat…
S’il est nécessaire de nous adapter à ce changement profond il faut aussi combattre davantage les causes du dérèglement climatique. Modèle économique, modèle de production agricole, adaptation de l’habitat, organisation du monde du travail, aménagement des territoires… autant d’enjeux à travailler.
» On ne peut pas demander, été après été, aux pompiers, aux soignants, aux associations, aux collectivités, aux voisins, de compenser dans l’urgence ce que nous n’aurions pas suffisamment anticipé collectivement. » a souligné Claire Thoury, Présidente du CESE. « Notre responsabilité, c’est de faire en sorte que s’adapter signifie transformer la solidarité qui surgit dans l’urgence en une force collective sur laquelle nous puissions compter chaque jour. »
Le 23 septembre dernier le CESE a organisé un événement rassemblant plusieurs acteurs pour échanger sur ces problématiques et sur les pistes nécessaires pour ne plus être en position de témoignage mais bien aussi pour agir. Sylvain Boucherand, vice-président du CESE, a insisté sur la nécessité d’agir immédiatement pour combler « le fossé de l’adaptation », car l’objectif est de ne plus être « les témoins de l’adaptation ratée », mais de devenir les acteurs d’une adaptation réussie.
Les échanges ont montré que les événements climatiques de l’été 2026 n’étaient pas une surprise scientifique, mais qu’ils révèlent une accélération du changement climatique. Ainsi, Jean-François Soussana, président du Haut Conseil pour le Climat (HCC), a rappelé que « nous sommes en fait dans ce rythme qui est imposé par le réchauffement de successions d’extrêmes ». Amélie Coantic, adjointe au Commissaire Général au Développement Durable (CGDD), a insisté sur l’ampleur et la durée des conséquences économiques, notamment sur l’agriculture, les forêts et les infrastructures, rappelant que « certaines des conséquences économiques vont s’inscrire sur la durée ». Aurélie Gontier, directrice du centre SOS Faune Sauvage, a elle alerté sur l’effondrement de la faune sauvage, avec une hausse de 57 % des animaux accueillis pour des causes liées à la canicule, et estime « qu’il faut vraiment se positionner » face à une dégradation qui s’aggrave chaque année. Aude Pommeret, chercheuse associée à l’Institut français de l’économie (IFE) a montré que le changement climatique pèse déjà fortement sur l’agriculture, avec des pertes estimées à « 1 et 2 milliards » d’euros par an pour sept cultures principales entre 2010 et 2024, tout en appelant à mieux prendre en compte les événements extrêmes dans la TRACC.
Du côté des acteurs du monde du travail, Delphine Schmidt, coordinatrice CFDT au sein du groupe Eiffage, a insisté sur la vulnérabilité particulière des travailleurs exposés, notamment sur les chantiers, où « on ne peut plus considérer que c’est un risque ponctuel » et où l’anticipation doit devenir systématique. Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), a souligné l’insuffisance des moyens face à l’intensification des feux : « On a les moyens aujourd’hui de combattre les feux d’hier, mais pas ceux d’aujourd’hui et encore moins ceux de demain ». Jean-Damien Navarro, responsable fédéral hydroélectricité, Confédération générale du travail (CGT), a mis avant les conflits croissants entre les usages de l’eau et appelle à revoir sa gouvernance, notamment pour permettre « de gérer les arbitrages et de faire de la solidarité entre les territoires ». Les tables rondes sur le monde du travail ont invité une fois de plus à mieux financer et adapter les bâtiments, les équipements et les horaires, à élargir les dispositifs d’intempéries, à intégrer la prévention de la chaleur dès la conception des contrats et à assouplir certaines réglementations face aux contraintes exceptionnelles.
Enfin, les échanges de cet événement que vous pouvez retrouver dans leur entierté avec le lien ci-dessous, ont mis en avant la nécessité d’investissements, publics et privés, pour une adaptation aux changements climatiques durable et socialement juste. Tout comme il est nécessaire de renforcer l’action internationale en ne se limitant pas à une gestion des crises mais en visant à poursuivre la réduction des émissions.
https://www.lecese.fr/actualites/impacts-des-canicules-et-secheresses-sur-les-activites-economiques
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